Homélie & Feuillet hebdomadaire

Homélie 2021-05-13 - Ascension du Seigneur B

     Homélie 2021-05-13 - Ascension du Seigneur B
     Vous comme moi, nous avons tous fait un jour l’expérience d’une séparation, l’expérience d’une rupture : que ce soit un membre de notre famille qui nous ait quittés, que ce soit un changement de situation, ou encore l’éloignement que nous impose souvent aujourd'hui le monde du travail.
     Les apôtres ont connu cette situation. Alors qu’ils avaient vécu intensément avec Jésus pendant des mois, formant avec lui une communauté fraternelle et se mettant à son écoute, voilà que tout s’était écroulé avec sa mort. Le rêve de voir restaurer la royauté de Israël s’était évanoui. Alors Jésus ressuscité va devoir habituer ses disciples à un nouveau type de présence : pendant 40 jours, il va leur faire découvrir que jamais il ne les abandonnera et qu’il leur est encore plus présent qu’auparavant. Les disciples, désormais, devront vivre comme nous sa présence dans l’absence, avec cette certitude au cœur, que désormais rien ne pourra jamais les séparer de lui ; que désormais ils seront habités par une présence : celle de son Esprit qui agira en eux comme un ferment, comme une force puissante : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint Esprit, qui viendra sur vous », leur dit Jésus.
     De plus, avant de les quitter et de disparaître à jamais de leurs yeux d’hommes, Jésus donne à ses disciples une mission, celle de poursuivre son œuvre, celle de prendre en quelque sorte le relais : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. » Voilà la mission confiée à cette poignée d’hommes hier encore tout craintifs. Mission impossible à vue humaine. Mission rendue possible avec la force de l’Esprit.
     Les Actes des Apôtres, que nous avons lu pendant ce temps de Pâques, nous ont montré comment cette poignée d’hommes, animés de l’intérieur par l’Esprit Saint, ont porté la Bonne Nouvelle jusqu'aux extrémités du monde. De Jérusalem, ils se sont mis en route, pour gagner petit à petit l’Asie mineure, puis l’Europe, pour atteindre le cœur du monde païen symbolisé par la ville de Rome.
     L’Église n’est donc plus réservée à quelques initiés, ou aux anciens juifs convertis. L’Église est désormais ouverte aux dimensions du monde. Et chaque génération de chrétiens revivra à sa manière cette ouverture au monde. Aujourd'hui, plus que jamais, nous sommes sensibles à ce que l’Église ne soit pas accaparée par une civilisation ou par une culture, mais qu’elle s’enracine dans chaque peuple, dans chaque culture. Personne ne peut enfermer l’Église dans sa propre langue ou dans sa propre culture, sans courir le risque de la transformer en secte. L’Évangile a cette dimension universelle : il est une Bonne Nouvelle pour tout homme.
     C’est dire combien nous devons ressentir douloureusement dans l’Église tout germe de division ou de sectarisme. C’est dire également combien nous devons souffrir de toutes ces situations historiques qui ont abouti aux divisions que nous connaissons aujourd'hui. Le Christ a prié pour l’unité dans son Église. Dans un monde qui a un tel besoin de trouver des raisons d’espérer, nos Églises doivent travailler de toutes leurs forces à refaire l’unité entre tous les chrétiens.
     Refaire l’unité, cela veut dire : nous remettre tous ensemble à l’écoute de la Parole de Dieu et nous laisser conduire tous ensemble par l’Esprit Saint, seul capable de nous donner la force de surmonter toute division et tout sectarisme.
     La fête de l’Ascension nous fait enfin toucher du doigt une réalité d’aujourd'hui : nous sommes dans un monde qui doute de la présence de Dieu… et nous-mêmes, nous passons par ces moments de remise en question et de doute, où Dieu paraît totalement absent de nos vies. Comment déceler la présence du Seigneur dans la trame de nos journées ? Comment déceler sa présence dans la maladie ou la souffrance, dans la révolte et l’angoisse ? Comment découvrir la présence de celui qui nous promet le bonheur et la joie, quand nous voyons tant de violences dans notre monde ?

Seul l’Esprit peut convertir notre cœur et nous faire entrevoir le sens caché des événements que nous vivons. Seul l’Esprit peut nous permettre de croire en Jésus Seigneur, assis à la droite du Père, mais qui ne cesse de rester notre frère et de se faire proche de chacun de nous. Seul l’Esprit peut nous faire sentir combien nous sommes habités par une présence : la présence de Dieu lui-même au plus intime de notre cœur.
     Ouvrons-nous à l’Esprit. Et dans cette Eucharistie, célébrons sa présence en nos cœurs. Demandons-lui la force de témoigner de l’Évangile. Amen.
Jean-Marie GUERLIN

Homélie 2021-05-09 - 6ème Dim. de Pâques  B   (◄ Clic)

     Homélie 2021-05-09 - 6ème Dim. de Pâques B
     Les lectures que nous venons d’entendre sont vraiment au cœur de notre foi et de notre vie chrétienne.
     Tout d’abord la première lecture, tirée du livre des Actes des Apôtres. Il ne faut pas croire qu’il fut facile, pour des juifs qui avaient adhéré à la foi en Jésus Christ, d’accueillir dans leurs communautés des païens qui ne connaissaient pas les Écritures et qui n’avaient pas de traditions religieuses. Accueillir d’anciens juifs : oui ! mais des païens.. ! Il va falloir que l’Esprit Saint souffle fort pour faire comprendre à Pierre et aux Apôtres que Dieu ne fait pas de différence entre les hommes, qu’il les accueille tous et qu’il aime chacun comme il est, puisqu'il lui a donné la vie ! Alors, Pierre fait baptiser tous ces païens qui avaient reçu le même Esprit.. Désormais, ils ont, eux aussi, leur place dans la communauté des chrétiens. Et la suite des Actes des Apôtres nous montrera qu’il ne fut pas facile de faire cohabiter d’anciens juifs et d’anciens païens !
     Devant Dieu, nous sommes tous égaux. Devant Dieu, il n’y a pas de supérieurs et d’inférieurs ; il n’y a pas de préférence pour un groupe ou pour un autre.. Chacun a sa place dans le cœur de Dieu.
     Quelle leçon pour nous, qui mettons si facilement des barrières entre nous et qui nous jugeons.. Savoir que nous sommes tous les préférés de Dieu, cela nous pousse sans cesse à faire tomber toutes ces barrières et à accepter que les autres soient différents de nous, qu’ils aient leur façon de vivre, leur manière de voir les choses.. La bienveillance, l’accueil des différences, ce sont, aujourd'hui encore, des questions brûlantes.. Il suffit d’écouter chaque jour les nouvelles !
     Une deuxième phrase peut nous faire réfléchir : elle est tirée de la deuxième lecture : « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu ; c’est lui qui nous a aimés le premier »
     Autrement dit : avant même que nous nous soyons tournés vers lui, déjà l’amour de Dieu nous précède. Tout l’évangile nous le montre : l’amour de Dieu nous précède toujours. C’est l’histoire de ce Père qui attend patiemment le retour de son Fils, qu’il continue à aimer, même s’il est parti loin de lui.. Le Père espère toujours le retour de son Fils, et il guette l’horizon, en espérant le voir revenir.. Le Père Baudiquey, un passionné de Rembrandt, a un magnifique commentaire sur le tableau qui représente le retour du fils prodigue.. Il dit ceci au sujet du Père qui accueille son fils : « Il s’est usé les yeux à son métier de Père ! »
     La joie de Dieu, c’est de nous accueillir et de nous pardonner. Et nous pouvons être sûrs que l’amour de Dieu nous est toujours acquis, qu’il est plus fort que tous nos péchés ou nos reniements, et qu’il peut sans cesse nous ouvrir à une relation nouvelle avec Dieu et avec nos frères !
     Enfin l’Évangile nous montre comment aimer, à notre tour, comme Jésus : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ».
     Jésus nous invite donc à sortir de nos égoïsmes, de nos peurs, pour aller vers les autres et pour leur permettre de vivre. L’amour, il ne faut pas en parler, mais il faut essayer de le vivre concrètement, au jour le jour, dans un couple, en famille ou en communauté. Nous n’aurons pas assez d’une vie pour faire l’apprentissage d’un amour totalement désintéressé et donné aux autres, comme celui de Jésus pour nous !
     Et le Christ d’ajouter, dans notre évangile d'aujourd'hui : « Je vous ai mis à cette place pour que vous partiez – comprenons : pour que vous vous mettiez en route – et que vous donniez du fruit ».
     Donner du fruit, c’est chercher à vivre et à faire vivre les autres, dans une relation basée sur l’amour, sur le respect des différences, sur la bienveillance, sur l’accueil. Si nous pouvions nous redire ce matin que la valeur de notre vie ne tient pas à son efficacité, au nombre et à l’importance de nos responsabilités, ou à notre compte en banque, mais qu’elle tient d’abord à la qualité de toutes les relations que nous essayons de tisser jour après jour avec les autres ! Un amour qui se partage, c’est un amour qui grandit !
     Que le Seigneur nous aide à ne jamais nous contenter de belles paroles sur l’amour, mais à essayer chaque jour d’aimer un peu plus ceux et celles qu’il a mis près de nous, sur notre route.. à les aimer comme ils sont.
     Nous n’aurons jamais fini d’apprendre à aimer !

 Jean-Marie GUERLIN

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Édito 2021-05-09 - 6ème Dim. de Pâques  B  (◄Clic)

     Édito 2021-05-09 - 6ème Dim. de Pâques B
     L'Ascension est une fête Chrétienne qui se fête le jeudi de la cinquième semaine après Pâques, soit précisément 40 jours après, en comptant le dimanche de Pâques, soit jeudi 13 mai pour cette année 2021. Cette célébration fête la montée au ciel de Jésus en présence de ses disciples 40 jours après sa résurrection.
     L’Ascension est relatée par l’évangile de Marc (chapitre 16, verset 19), l’évangile de Luc (chapitre 24, verset 51) et le livre des Actes des Apôtres (chapitre 1, versets 6-11). Le livre des Actes des Apôtres rapporte que, quarante jours après Pâques, Jésus apparaît une dernière fois à ses disciples et leur annonce : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins (…) jusqu'aux extrémités de la terre ». Après ces paroles, ils le virent s’élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée. L’évangile de Luc précise quant à lui que les apôtres « retournèrent à Jérusalem,remplis de joie ».
     Ainsi s’achève le temps des rencontres du Ressuscité avec ses disciples. Cependant, selon sa promesse, Jésus sera toujours avec eux, mais d’une présence intérieure : ils ne le verront plus de leurs yeux. Le Christ n’est plus visible, mais il n’abandonne pas ses disciples. Il leur promet la venue de l’Esprit à la Pentecôte.
     Nous le savons, la fête de l’Ascension, c’est aussi la fête de l’Espérance Le Pape François a parlé à plusieurs reprises de l'espérance, qu'il a définie comme « la plus petite des vertus, mais la plus forte ». Et notre espérance a un visage : le visage du Seigneur ressuscité, qui vient « avec une grande puissance et une grande gloire ».
     Bonne semaine et Bonne fête de l’Ascension qui arrive
Bernadette Mulpas – Equipe Pastorale

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